samedi 28 janvier 2012

Freud et Jung sous les feux...

Avec la sortie du film A Dangerous Method de David Cronenberg, il semble y avoir un regain d'intérêt pour le débat entre la psychanalyse et ses détracteurs. (Voir cet excellent article de Sophie Allard).

Si les éléments qui nous permettent de remettre Freud en question sont absents du film, Jung lui, est légèrement écorché. Sans le faire délibérément, A Dangerous Method perpétue l'idée selon laquelle Freud est un génie de la psychologie humaine, idée culturellement bien installée, mais tranquillement, et laborieusement débusquée par un nombre croissant d'intervenants.

Jacques Benesteau (Mensonge freudien), Pierre Debray-Ritzen (La Psychanalyse, cette imposture), Jeffrey Mousaieff Masson (Against Therapy), Frederick Crews (Unauthorized Freud et Freud's Wars) Richard Webster (Le Freud Inconnue), Michel Onfray et son Crépuscule d'une Idole, le collectif d'auteurs, Le Livre Noir de la Psychanalyse et j'en passe.

Mais aux travers toutes ces attaques contre la psychanalyse et son fondateur, les psychanalystes arrivent-ils à argumenter?

Un gros NON.

Par exemple, le bouquin qui fut écrit pour répondre au Livre Noir de la Psychanalyse s'intitulait : Pourquoi tant de haine? Ça vous donne une idée...

Après la sortie de son livre Le Crépuscule d'une Idole, Michel Onfray fut l'heureux bénéficiaire de nombreuses lettres et commentaires concernant sa vie privée et de son besoin refoulé de psychanalyse, mais comme il est commun de le vivre avec la société psychanalytique, il n'y avait pas d'arguments qui répondait à ses attaques contre Freud et sa pseudoscience.

Les éditions Grasset proposent un extrait de son livre-réponse Apostille au Crépuscule sur leur site web. Voici un extrait:

De l'inexistence de la critique. Le problème est moins cette réception pathologique de mon livre que l'incapacité de mes détracteurs d'apporter un seul argument valable contre mon travail car, dans le flot d'articles, de commentaires ou de sites surgis à cette occasion, et il y en eut pléthore, on chercherait en vain une invalidation de telle ou telle thèse de mon livre. Par exemple :

1. Freud menteur.
2. Freud affabulateur, inventeur de " mythes scientifiques " et de " roman historique ".
3. Freud destructeur des traces de ses forfaits.
4. Freud cocaïnomane dépressif, errant doctrinalement et cliniquement pendant plus d'une décennie.
5. Freud à l'origine de la mort de son ami Fleischl-Marxow à cause d'erreurs répétées de prescriptions médicales.
6. Freud destructeur du visage d'Emma Eckstein avec l'aide de son ami Fliess.
7. Freud obsédé par l'onanisme.
8. Freud obnubilé par l'accouplement avec sa mère.
9. Freud extrapolant sa pathologie œdipienne à la planète entière.
10. Freud perpétuellement travaillé par le tropisme incestueux.
11. Freud couchant avec sa belle-sœur après avoir fait un point de doctrine de son renoncement à toute sexualité sous prétexte d'une sublimation dans la création de la psychanalyse.
12. Freud sacrifiant à l'occultisme et au spiritisme.
13. Freud pratiquant des rites de conjuration contre le mauvais sort.
14. Freud croyant à la télépathie.
15. Freud féru de numérologie.
16. Freud inventant des cas n'ayant jamais existés.
17. Freud romançant certains cas pour en faire des histoires convaincantes.
18. Freud mentant sur sa clinique.
19. Freud affirmant avoir guéri des patients qui ne l'ont jamais été.
20. Freud prenant 415 euros 2010 pour une séance et prescrivant une rencontre par jour.
21. Freud amassant une fortune en liquide échappant au fisc.
22. Freud théorisant l'" attention flottante ", justifiant ainsi que le psychanalyste puisse dormir pendant les séances sans que l'analyse s'en trouve pour autant troublée.
23. Freud dormant pendant des séances, notamment avec Helen Deutsch.
24. Freud confiant à Ferenczi : " les patients, c'est de la racaille ".
25. Freud écrivant que sa psychanalyse soigne tout, et prescrivant tout de même en 1910 (!) l'intromission de sondes urétrales dans le pénis d'un homme afin de le guérir (!) de son goût pour la masturbation.
26. Freud écrivant à Binswanger que la psychanalyse est " un blanchiment de nègres ", autrement dit, que son chamanisme ne fonctionne pas.
27. Freud ontologiquement homophobe.
28. Freud misogyne théorisant l'infériorité physiologique, donc ontologique, des femmes.
29. Freud très médiocre hypnotiseur.
30. Freud pratiquant la balnéothérapie ou l'électrothérapie.
31. Freud rédigeant une dédicace extrêmement élogieuse à Mussolini en 1933 en préface à Pourquoi la guerre ? (un livre qui développe des thèses en phase avec la doctrine du dictateur italien...).
32. Freud soutenant le régime austro-fasciste du chancelier Dollfuss en 1934.
33. Freud travaillant avec des émissaires de l'Institut Göring, dont Felix Boehm, pour assurer la pérennité de la psychanalyse dans le régime national-socialiste.
34. Freud manigançant l'exclusion du psychanalyste Wilhelm Reich, avec les mêmes émissaires de l'Institut Göring, pour cause de communisme.
35. Freud écrivant en pleine furie nazie que Moïse n'était pas juif et que les Juifs étaient des Egyptiens.
36. Freud avouant peu de temps avant la fin de sa vie qu'on " n'en finit jamais avec une revendication pulsionnelle ", autrement dit : qu'on ne guérit jamais.

Ce Freud-là, donc, tous ceux qui m'ont traîné dans la boue en multipliant les attaques ad hominem n'en disent rien. Et pour cause, car le réquisitoire accablant brièvement résumé ci-dessus en trente-six thèses fait dans mon livre l'objet de longues argumentations étayées par des références et des citations dûment répertoriées.

La haine de mes contradicteurs dit assez combien j'ai mis dans le mille... Et, dans cette aventure, la plupart des analystes de Paris qui ont rempli les pages " opinions " des journaux (pendant qu'on refusait explicitement les articles positifs sur mon travail dans ces mêmes supports...) se sont fait un devoir de donner raison à Karl Kraus, l'auteur de cet aphorisme célèbre : " La psychanalyse est cette maladie dont elle prétend être le remède. " Combien, en effet, la haine de ceux-là prouve que la psychanalyse ne soigne pas les pathologies les plus lourdes ! Le petit gratin analytique parisien a prouvé de façon ridicule et pitoyable que Freud avait raison : la psychanalyse est bien un blanchiment de nègres - autrement dit une entreprise inefficace... Sinon : pourquoi tant de haine ?
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