La religion, c'est comme un bateau, une fois que vous êtes sur l'autre rive, vous n'en avez plus besoin.
J'ai toujours aimé cette métaphore, la dernière fois que je l'ai entendue, c'est Amma qui s'en servait. Le message est assez simple, vous avez besoin de la religion pour grandir, mais une fois que c'est accompli, vous n'avez plus besoin d'elle.
Je me suis récemment rendu compte que cette métaphore peut prendre une autre signification, on peut aussi l'utiliser pour exprimer un point de vue athée matérialiste.
Ont pourrais dire, par exemple, que la religion fût un facteur nécessaire pendant plusieurs millénaires, mais que compte tenu de l'information que nous avons amassée depuis, nous sommes en mesure de bien vivre sans le support que nous procurait, et que nous procure encore la religion.
Marc-André
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Lorsque les êtres réalisés parlent d'être sur l'autre rive, il ne s'agit pas seulement de "bien vivre" comme vous dites. Il s'agit de réaliser l'essence de toute chose et de trouver le bonheur, la paix abolus et éternels pour soi et pour tous. Les deux objectifs sont incomparables. Ne mélangons pas tout et si nous n'avons pas la force et l'ouverture d'esprit nécessaires pour poursuivre la quête spirituelle, n'incitons pas les autres à perdre la foi et à baisser les bras. Je pense que la religion dans son sens le plus noble et le plus spirituel n'est pas que le projet limité de se réserver une petite vie pépère avec plus ou moins d'égoisme. C'est une quête inlassable de la Vérité et du Bonheur absolus pour tous. Je crains que pour être vraiment de l'autre côté de la rive, c'est-à-dire d'avoir dépassé toute souffrance, il ne sera pas suffisant d'avoir collecté un maximum d'informations.
RépondreSupprimerAu contraire, pour réaliser l'ultime bonheur, je crois qu'il faut avoir dépassé toutes les informations, tous les concepts, tous nos conditionnements et être libre de tout, libre de toute souffrance. Alors seulement là, la barque des croyances religieuses et autres peut être complètement abandonnée. Jusque là soyons modestes et sincères. Avons-nous peur où voulons nous vraiment la Vérité?
Amicalement.
C'est ce que je voulais dire par ''grandir''. Je n'étais pas dans le mood pour faire un long billet.
RépondreSupprimerm.a
En fait cette métaphore est très utilisée dans le monde bouddhiste. Je crois qu'elle provient d'un des sutras du canon pali :
RépondreSupprimer" O bhikkhus (moines), même cette vue qui est si pure et si claire, si vous la chérissez, si vous la gardez comme un trésor, si vous vous attachez à elles, alors, vous n’avez pas compris que l’enseignement est semblable à un radeau qui est fait pour traverser la rivière, et non pas pour être gardé et porté sur le dos "
Ah oui, je voulais aussi ajouter, et j'espère que je ne vais pas trop vous importuner, mais puisque vous parliez de grandir (...), cela me fait penser qu'il est intéressant de noter que le grand poète persan Rûmi parle lui d'une autre forme de traversée, et l'on est véritablement là dans une vision radicalement différente puisque on est dans un autre thème du voyage qui lui, est ascensionnel, et que lui-même définit comme le voyage de la canne à sucre au sucre.
RépondreSupprimerL'image n'est plus dans ce cas la barque mais celle de l'échelle, où l’homme s’élève en lui-même en partant de l’extérieur vers l’intérieur, et de cet intérieur vers son Créateur où il en devient le miroir.