jeudi 29 avril 2010

Les Charvaka : ancêtres de l'athéisme indien


Il n'y a pas de ciel, de paradis, aucune libération finale, d'âme, qui continue d'exister dans un autre monde et aucun rituel qui seront récompensé dans le futur.


Le Barhaspatya Sutra

Avant même les premiers villages, les Hommes croyaient au surnaturel. Excessivement rare les groupes ethniques sans croyances, c'est à dire qui refusent le savoir révélé comme évidences et affirme que le monde est entièrement explicable par la philosophie matérialiste.

Environ cinq-cents ans avant notre ère, une école de pensée matérialiste athée émergea d'une mer de croyances védiste, bouddhiste et jaïniste pour remettre en question le karma, l'atman, la réincarnation, l'existence d'entités célestes et la doctrine de l'éveil spirituel. Le nom du fondateur de cette école de pensé serais un certain Brhaspati, mais le courant aurais plutôt été nommé en l'honneur de l'élève de celui-ci, un certain Charvaka. Le nom de Lokayata leur est aussi donné, ce qui se traduit par ceux qui se préoccupent uniquement du monde terrestre.

Comment Brhaspati en est venu à rejeter les croyances du moment est vraiment exceptionnel, il était impensable, à cette époque de ne pas croire, tout le monde acceptait l'autorité des sages. Il y avait bien sûr des débats dus à de légères différences entre les doctrines, mais jamais un refus total.

La plupart de leurs écrits furent perdus, assimilés, oubliés ou détruits. Le matérialisme athée ne prend pas preneur en 2010, imaginer 600 ans avant notre ère...en Inde !!! Heureusement, les tenants du bouddhisme, du jainisme et de l'hindouisme védique crurent bon de réfuter les propos hérétiques des Charvaka en les incorporant dans leurs propres textes ''sacrés ''. Malheureusement, puisque leurs propos sont exposés par des opposants, leurs arguments, et la façon d'ont ils défendaient leur athéisme, est assurément mal représentés.

Nous savons cependant qu'il rejetait le système des castes, qu'ils critiquaient farouchement l'hindouisme védique et ses prêtres brahman avec ses puja (rituels sacrés) et les sacrifices d'animaux qui les accompagnait. La conscience était perçue par les Charvaka comme un produit qui émerge de la structure matérielle du corps, ce n'est pas l'âme qui caractérise le corps, mais la conscience, et celle-ci meurt avec le corps.

Les Charvaka entretenaient une philosophie basée sur le scepticisme, la logique et brillait par l'absence de métaphysique spéculative. Les écrits qui sont restés renferment beaucoup d'arguments servant à réfuter les croyances religieuses de l'époque.

Alors que le bouddhisme, le védisme et le jaïnisme s'affairaient a inféré des notions métaphysiques sur le monde, les Charvaka l'appréhendaient sans rien lui imposer.

Dans le Nyayamanjari, le poète et philosophe Nyaya Jayantabhatta (Kashmir, 9e siècle) rapporte ces propos émanant de l'école de Brhaspati :

Aussi longtemps que nous vivrons, nous serons heureux.
Tout le monde ici mourra un jour.
Quand ils mourront ils retourneront à la
poussière, de quelle façon pourrait-il revenir?


Très rares sont les livres dédiés uniquement au Charvaka, il y a tout de même ce titre : Carvaka / Lokayata ; An Anthology of sources materials and some recent studies, édité par Debiprasad Chattopadhyaya, (Indian Council of Philosophical Research, New Delhi, 1990).

Marc-André
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3 commentaires:

  1. Vraiment très intéressant!!! J'avais entendu entre les branches qu'il y avait un athéisme indien, mais me voilà instruit sur le sujet! C'est vraiment intéressant! Merci de l'info!

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  2. J'ai même ajouter un billet sur mon blogue : http://jedevraisecrire.blogspot.com/2010/05/blog-post.html

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  3. Nice work of good study. I know no French and I read this with the help of Goolgle translation. Thanks for making Charvaka's philosophy available for francophone friends.
    From the land of Charvakas, Ganesh.

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